Aujourd’hui j’ai dû prendre la décision de ne pas aller aux journées séminaires de mon labo (LIAgE, Paris 8). Ces journées sont organisées en début d’été pour faciliter la venue du plus grand nombre. Elles ont pour fonction, entre autres, que les membres du labo se rencontrent, se fréquentent, échangent.
De nombreux ateliers sont en cours de préparation. Plus de la moitié m’intéressent sur le papier. Je n’assisterai sûrement à aucun. Ou alors peut-être en distanciel via une visio qui permet de cueillir quelques infos mais qui reste tout à fait excluante du point de vue de la socialisation.
Je n’aurais pas non plus accès à la soirée festive organisée malgré des efforts de partages des coûts selon les revenus de chacun·e et une organisation préméditée et bien ficelée. Je me rends compte que ces espaces de socialisation sont plus importants dans le développement d’un·e futur·e docteur·e que les informations formelles, lectures et autres communications officielles.
Je suis grandement frustré et cette décision (de ne pas y aller) n’est pas faite de gaieté de cœur. J’ai déjà été absent de mon domicile près d’un tiers du mois pour raisons professionnelles. Je ne peux raisonnablement faire peser l’entièreté de la gestion du logis sur ma compagne. Je multiplie les heures de travail car la situation économique des associations de l’éducation populaire et du travail social n’est pas bonne. À notre endroit, carrefour entre ces mondes, nous entendons régulièrement parler de coupes budgétaires, de réorganisation, de suppression de postes, etc. Et en ce qui nous concerne directement : « On n’a plus d’argent pour former les équipes… ». Dans ces conditions, payer un trajet aller-retour pour Paris serait une dépense supplémentaire que je ne peux me permettre. Sans compter le fait de rajouter deux journées de travail à un emploi du temps déjà sous tension.
J’en souffre psychologiquement. Je pense que je vais vite passer à autre chose car la gravité est toute relative. Néanmoins, je mesure la perte de ne pas habiter Paris et du coût économique du doctorat (notamment des faux frais). Au delà de l’isolement classiquement ressenti, je vois bien que cela bloque à la fois mon insertion dans le collectif mais également ma recherche, ma réflexion. La recherche doctorale restera pour moi une activité solitaire, face à mon ordinateur ou dans un livre qui ne sera jamais discuté avec personne.
