Cette entrée de dictionnaire est autant une note à moi-même que le partage d’une trouvaille.
L’ « implexité » est un terme inventé par Jean-Louis Le Grand, chercheur spécialisé des récits de vie. « Implexité » est obtenu de la contraction de « complexité » et de « implication ». Jean-Louis Le Grand crée ce terme afin de nommer la difficile place des chercheurs et chercheuses en récits de vie et ce sera repris pour qualifier cette même place, et l’exigence qui lui est liée, en recherche-action existentielle, en sociologie clinique, etc.
Dans de telles recherches, l’implication des chercheur·ses n’est pas neutralisée ou camouflée mais bien visibilisée. On parle bien d’une implication dans une réalité complexe que l’on ne cherche pas forcément à réduire. L’humain·e-chercheur·se est à la fois concerné·e sensiblement, relationnellement, éthiquement, politiquement, méthodologiquement ou épistémologiquement dans les situations. Parfois il est possible qu’iel le soit même familialement ou financièrement. Évidemment, ces listes ne sont pas exhaustives.
L’implexité c’est le mot utilisé pour parler de cette place et de cette exigence d’être, à la fois, impliqué dans sa recherche et en réflexivité, dans une approche sceptique, questionnante. Il y a un lien dialectique en les deux positions que l’implexité souhaite nommer également, voire résoudre. On ne peut être à la fois tout à fait présent·e, impliqué·e et en réflexivité, en analyse, en captation de données, etc. Ainsi les chercheur·ses oscillent en permanence, parfois de manière quasi-invisible de l’extérieur. L’implexité est cette oscillation stabilisée ; « stabilisée » non dans le sens de « neutralisée », « immobilisée » mais bien de « installée », « accordée ».
